Oiseaux de nuit

Inspiration : Edward Hopper, Nighthawks, 1942.

Alliant un réalisme implacable et franc, basé sur une observation précise, à un point de vue intensément personnel et intime, les denses compositions de HOPPER proposent un portrait captivant de l’aliénation moderne, de la vacuité et de la solitude.

Adam D. Weinberg
Whitney Museum of America Art, New York

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Les rochers naissent des nuages

Citation de Tang Dai

Rêves libérés
Engloutis trop longtemps

Les rochers naissent des nuages
La volonté de ton silence
Laisse la place au temps

S’ égarer dans la brume,
Au delà des cieux
Les rochers naissent des nuages
Violence de l’érosion
Ecorchée vive.

La neige feutre les pentes
Hors de moi, hors du temps
Voyageur passionné,
Les rochers naissent des nuages
Au delà du tout
Seule la passion amoureuse

Texte d’Annie & Jean-François Béné

Au refuge de Buffère en Clarée

Tréfonds de rêve

Du 29 juillet au 5 août 2017, j’ai participé à un atelier en résidence animé par Alexandre Christiaens et Emmanuel De Meulemeester, dans le cadre de la 8ème Biennale de Photographie en Condroz. Les rendez-vous du workshop « Rêver » se déroulaient dans le corps de logis de la magnifique ferme du Château de Tahier.

La possibilité d’encore rêver, une nécessité vitale.
Lors d’un précédent stage avec le photographe québecois Bertrand Carrière, j’avais noté une de mes priorités dans l’exploration de mes plaisirs : le plaisir d’être « ailleurs », de m’évader, d’explorer, de rêver , de voyager.

Littérature et musique m’ont accompagné.
Me mettre dans un état mental, une atmosphère propice à l’intériorité, à la solitude.
Deux auteurs m’ont influencé :
– Michel Draguet « Gao Xingjian. Le goût de l’encre ».
Pour atteindre cet état d’attente diffuse propre à la contemplation, il faudra d’abord m’abstraire du réel. Le chemin vers Lingshan passe par l’intérieur.
– Sylvain Tesson « Sur les chemins noirs ». Un rêve m’obsédait.

Ecouter certaines musiques me procure des émotions fortes, que je cherche d’ailleurs. Elles me transportent dans une sorte d’état de rêve éveillé, dans une bulle planante. Arvo Pärt, Pink Floyd, Keith Jarrett, Yann Tiersen m’ont envoûté lors de mes escapades sur les routes romantiques du Condroz.
« La musique, c’est le silence réalisé comme un rêve » écrit Philip Roth.

La mort est venue aussi s’immiscer dans mes pensées. Je ne pouvais pas effacer de ma mémoire la chute mortelle de deux alpinistes namurois  ni le décès de Godelieve , une voisine très proche. La vie est éphémère. Elle ne tient qu’à un fil …

Fouiller le rêve dans l’ombre de la nuit naissante.
Fuyant les chemins civilisés, je découvrais la « bête sauvage » en moi, des racines et ruisseaux sombres, mes chemins noirs. Ralenti dans mon errance contemplative, la fabrique de l’imaginaire se mettait en marche. Mon regard créait un espace-écran d’images et de visions.
«Rêver n’est-il pas un processus limite entre le corps et la psyché ? N’est-il pas une exploration de dedans du corps?»  écrit Céline Masson.

Une série de 12 images (exposées dans la ferme de M. et Mme Tonglet à Tahier).

Grand-Marchin
Le rendez-vous photographique
Août 2017
Date fixée au calendrier
Lieu connu, désiré
Moment attendu, savouré
des semaines à l’avance
Emergence du rêve … à
décrocher

Tahier : semaine de stage
laisser le fil de l’imaginaire
se dérouler
Ecouter se répéter
les notes de musique
douces, graves et légères
Sentir le rebond de son coeur
laisser courir le sang
dans ses veines
Déposer des soupirs
sur le dos des nuages
et percevoir la lumière
dans le noir.

Être là
Dans l’instantané
vigilance du moment présent
Rêve éveillé.

Complice de ses images
Sentir le reflet de son âme…
Noyer ses larmes dans la terre
S‘accrocher aux parois des carrières

Dialogue des lieux
Rendez-vous
Rêve exaucé dans ces petits villages
éclairés des visages et
regards des organisateurs

Françoise Demanet

Mallorca

Adossé à la sublime serra de Tramuntana, Banyalbufar est l’un des plus beaux villages de la côte, dont les origines remontent au Xe siècle. Sur les montagnes voisines, les pinèdes et les vignes cultivées en terrasses dévalent la pente jusque dans la Méditerranée. Elles offrent de belles opportunités de balades à pied. (Guide Le Routard)
Une série de 13 images.

Mondrianisme

Depuis l’été 2016, je me passionne pour l’oeuvre du peintre Piet Mondrian [° Amerspoort, 1872 – † New York, 1944].
Dans le cadre du cours d’ infographie  à l’Académie des Beaux-Arts à Namur, j’ai réalisé des travaux sur ce pionnier de l’art abstrait. Il fut toute sa vie durant à la quête d’un art universel par une épuration complète de la toile.

Mondrian ne parvient qu’au style abstrait qui le rendra célèbre qu’après des années de recherche formelle.
Après avoir suivi les cours de l’Académie des Beaux-arts d’Amsterdam, il commence par peindre des natures mortes et des paysages de campagne marqués de l’empreinte du naturalisme hollandais, puis évolue sous l’influence des impressionnistes et de Van Gogh.
Malgré une stricte éducation calviniste, Mondrian s’intéresse à la pensée orientale et à la théosophie, qui exerceront un effet important sur son oeuvre. Entre 1906 et 1907, il peint une série de « paysages du crépuscule » , où les détails déjà s’estompent pour ne plus livrer qu’un ensemble de lignes et de formes. En 1912, attiré par le cubisme, il part à Paris et réalise une série d’ « arbres », dont la forme se simplifie en un entrelacs de courbes.

Ce n’est que vers 1920 que son style si distinctif – combinant des rectangles de couleurs pures délimités par de sévères lignes verticales et horizontales – apparaît. Sans cesser de la travailler, il restera fidèle à ce style jusqu’à sa mort.

Source : L’histoire de l’art en images, La naissance de l’art abstrait, Andrew Graham-Dixon, Editons Flammarion (2009)

1er travail : « Mondrian – Maître carré »
Un carnet de 14 images réalisé avec l’outil Illustrator.
Dans celui-ci, j’ai repris deux compositions originales avec rouge, jaune, bleu et gris (1927-1928). Les autres sont des grilles inventées avec les mêmes couleurs primaires, en y ajoutant le gris, le noir et le blanc.

100 ans Mondrian et De Stijl
On fête toute cette année les cent ans du mouvement De Stijl qui révolutionna l’art du XXe siècle.
Pour l’occasion, la façade de l’hôtel de ville de la Haye est devenue le plus grand Mondrian du monde : repeinte avec les célèbres carrés rouge, bleu, jaune (et blanc) et les lignes noires. Partout dans la ville, on rappelle ces trois couleurs de base. Le Gemeentemuseum , avec son bâtiment iconique de l’architecte Berlage (1935), possède la plus grande collection au monde d’oeuvres de Mondrian et du Stijl.
En 2017, l’art de Mondrian est depuis longtemps entré dans la consommation courante. Ses célébrissimes tableaux de lignes noires verticales et horizontales, avec des aplats des trois mêmes couleurs primaires, bleue, jaune et rouge, ont essaimé vers le design, la mode et même la publicité, avec les produits de L’Oréal qui utilisent allégrement la quête pourtant toute spirituelle du grand peintre hollandais. Mais avant de peindre ces tableaux, Mondrian (1872-1944) a longtemps tâtonné et cherché sa voie.

2ème travail : « Mondrianisme »
Un carnet de 10 images réalisé avec les outils Photoshop et InDesign.
La série « Mondrianisme » rend hommage à cet artiste que j’apprécie.
Les images originales proviennent de mes archives photographiques. Elles ont ensuite été traitées dans le style des compositions en rouge, bleu et jaune du peintre.

L’année scolaire 2016-2017 arrivant doucement à son terme, c’est l’occasion de vous proposer les expositions des travaux des élèves.
Trois espaces vous accueilleront à Namur.
– La galerie du Beffroi, vernissage le jeudi 15 juin à 18h30.
– A l’Académie des Beaux-Arts (tous les ateliers : enfants, ado, adultes) vernissage le samedi 17 à 11h
– A la rue des Brasseurs (atelier photo). Expositions accessibles jusqu’au 25/06 de 14 à 18h
Bienvenue à tous.