Mondrianisme

Depuis l’été 2016, je me passionne pour l’oeuvre du peintre Piet Mondrian [° Amerspoort, 1872 – † New York, 1944].
Dans le cadre du cours d’ infographie  à l’Académie des Beaux-Arts à Namur, j’ai réalisé des travaux sur ce pionnier de l’art abstrait. Il fut toute sa vie durant à la quête d’un art universel par une épuration complète de la toile.

Mondrian ne parvient qu’au style abstrait qui le rendra célèbre qu’après des années de recherche formelle.
Après avoir suivi les cours de l’Académie des Beaux-arts d’Amsterdam, il commence par peindre des natures mortes et des paysages de campagne marqués de l’empreinte du naturalisme hollandais, puis évolue sous l’influence des impressionnistes et de Van Gogh.
Malgré une stricte éducation calviniste, Mondrian s’intéresse à la pensée orientale et à la théosophie, qui exerceront un effet important sur son oeuvre. Entre 1906 et 1907, il peint une série de « paysages du crépuscule » , où les détails déjà s’estompent pour ne plus livrer qu’un ensemble de lignes et de formes. En 1912, attiré par le cubisme, il part à Paris et réalise une série d’ « arbres », dont la forme se simplifie en un entrelacs de courbes.

Ce n’est que vers 1920 que son style si distinctif – combinant des rectangles de couleurs pures délimités par de sévères lignes verticales et horizontales – apparaît. Sans cesser de la travailler, il restera fidèle à ce style jusqu’à sa mort.

Source : L’histoire de l’art en images, La naissance de l’art abstrait, Andrew Graham-Dixon, Editons Flammarion (2009)

1er travail : « Mondrian – Maître carré »
Un carnet de 14 images réalisé avec l’outil Illustrator.
Dans celui-ci, j’ai repris deux compositions originales avec rouge, jaune, bleu et gris (1927-1928). Les autres sont des grilles inventées avec les mêmes couleurs primaires, en y ajoutant le gris, le noir et le blanc.

100 ans Mondrian et De Stijl
On fête toute cette année les cent ans du mouvement De Stijl qui révolutionna l’art du XXe siècle.
Pour l’occasion, la façade de l’hôtel de ville de la Haye est devenue le plus grand Mondrian du monde : repeinte avec les célèbres carrés rouge, bleu, jaune (et blanc) et les lignes noires. Partout dans la ville, on rappelle ces trois couleurs de base. Le Gemeentemuseum , avec son bâtiment iconique de l’architecte Berlage (1935), possède la plus grande collection au monde d’oeuvres de Mondrian et du Stijl.
En 2017, l’art de Mondrian est depuis longtemps entré dans la consommation courante. Ses célébrissimes tableaux de lignes noires verticales et horizontales, avec des aplats des trois mêmes couleurs primaires, bleue, jaune et rouge, ont essaimé vers le design, la mode et même la publicité, avec les produits de L’Oréal qui utilisent allégrement la quête pourtant toute spirituelle du grand peintre hollandais. Mais avant de peindre ces tableaux, Mondrian (1872-1944) a longtemps tâtonné et cherché sa voie.

2ème travail : « Mondrianisme »
Un carnet de 10 images réalisé avec les outils Photoshop et InDesign.
La série « Mondrianisme » rend hommage à cet artiste que j’apprécie.
Les images originales proviennent de mes archives photographiques. Elles ont ensuite été traitées dans le style des compositions en rouge, bleu et jaune du peintre.

L’année scolaire 2016-2017 arrivant doucement à son terme, c’est l’occasion de vous proposer les expositions des travaux des élèves.
Trois espaces vous accueilleront à Namur.
– La galerie du Beffroi, vernissage le jeudi 15 juin à 18h30.
– A l’Académie des Beaux-Arts (tous les ateliers : enfants, ado, adultes) vernissage le samedi 17 à 11h
– A la rue des Brasseurs (atelier photo). Expositions accessibles jusqu’au 25/06 de 14 à 18h
Bienvenue à tous.

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Shinrinyoku

Bois de Lauzelle , Louvain-la-Neuve 

En japonais, shinrinyoku signifie littéralement « bain de forêt », l’immersion forestière. Se promener sous les arbres pour chercher un supplément de bien-être… Illusion ? Non. La littérature scientifique s’est enrichie ces dernières années d’études tendant à prouver les effets bénéfiques de la promenade en milieu naturel sur le moral, le stress, l’humeur, la pression artérielle… A force de vivre entre béton et bitume et de regarder la vie par écrans interposés, l’évasion vers la nature apparaît comme un sursaut vital.

Pourquoi la nature nous fait-elle du bien ? Pourquoi tant d’entre nous se disent s’être trouvés « ressourcés » par une marche dans un parc naturel, sur un sentier de randonnée. Il y a les effets thérapeutiques sur le corps, mais d’autres dividendes bien sûr : le retour à une simplicité de mouvement qui vide l’esprit de ses sollicitations inutiles, l’adaptation nécessaire à un milieu inhospitalier voire hostile, qui stimule la capacité d’adaptation, l’imagination, la créativité. La nature, thérapie de l’âme.

Mais bien davantage. Ceux qui ont crapahuté en montagne, se sont égarés en forêt, voire dans un désert, le savent. Arrive toujours un moment dans ce type d’activité où l’on prend conscience que la nature est la plus forte. Le vent se lève, le froid arrive, ou la chaleur, ou encore la nuit, les moustiques, les ampoules, la faim, la soif. Le moment où l’arrivée que l’on croyait proche se dissipe dans l’horizon, où derrière la crête apparaît une autre crête et ce n’est jamais la dernière. La lassitude s’installe, le corps fait mal, le moral chute. Il faut mettre un pied devant l’autre et recommencer, c’est tout, c’est stupide, c’est ainsi. Dans le groupe de marcheurs, les comportements se modifient. Le plus riche ne se révèle pas forcément le plus fort, le mieux équipé n’est pas le plus courageux, le plus léger n’est pas le moins résistant.

Et voici le moment exact où apparaît la vertu cachée et première des espaces sauvages : cette capacité qu’ils ont à niveler les différences sociales et à faire germer des solidarités inattendues. « Une heure d’ascension dans les montagnes fait d’un gredin et d’un saint deux créatures à peu près semblables », a écrit Nietzsche. Il avait tort sur le délai – une heure ne suffit pas toujours –, mais raison sur le fond. « La fatigue est le plus court chemin vers l’égalité et la fraternité – et durant le sommeil la liberté finit par s’y ajouter », poursuivait-il. Et voilà, in fine, pourquoi sentiers de randonnée, forêts et parcs naturels méritent d’être parcourus, explorés et protégés : ce sont des espaces qui font revivre le corps, l’esprit, mais aussi la démocratie.

Par Éric Meyer, rédacteur en chef de Geo magazine

Prenez de la vitamine V comme vert

Soli-terre en Condroz

Aujourd’hui, il se souvient de ce voyage
qu’il a commencé depuis longtemps.
Il se souvient de ses chemins qui l’ont précédé,
des paysages de montagne qui l’ont formé,
de ses cartes qui l’ont nourri.

Il se souvient de ses maîtres,
de leurs démarches qui marquent son parcours,
de leurs regards entrés dans ses rêves.

Il inspire, il expire.
Il capte l’instant.
Il laisse aller le plaisir de ses yeux qui marchent,

de ses pieds qui sentent, tracent, trouvent l’image.

Il épouse la terre
pose ses pas
et poursuit sa route.

 


Françoise Demanet

 

Réflexions sur un atelier de photographie en Condroz

En août 2011, lors d’une balade à vélo avec mon épouse, je découvrais « Si loin, si proche » la 5ème édition des  Promenades photographiques en Condroz. J’aime cette douce région condrusienne. De plus, c’est aussi la terre d’origine de ma femme. Tout un symbole, cet attachement.
Tous les deux ans, nous disons donc « OUI » à cette biennale photographique.

Dans le programme de la 7éme édition intitulée « Au plaisir », je repère une proposition d’atelier résidentiel animé par le photographe québecois Bertrand Carrière (Canada).
Quelques extraits :
« Photographier le plaisir, photographier par plaisir, plaisir de photographier. …
En une semaine, l’atelier vous offre l’occasion de vous plonger au cœur d’un projet personnel et d’explorer la notion du plaisir. …
Le thème du plaisir pourra être vu par association : contemplation, hédonisme, grâce, contentement, fête, joie, volupté, désirs et satisfactions. Ou encore par réaction : privation, austérité, ascèse, mécontentement, dégoût, ennui

Il est recommandé de faire un minimum de recherche afin d’arriver avec quelques idées de projets à réaliser.
Il serait intéressant que chaque participant apporte un livre de photographies qui l’a marqué et une série de ses images. »

Le thème présenté par cet atelier me tente fortement.
J’envoie au Centre Culturel de Marchin mon formulaire inscription accompagnée d’une lettre de motivation.
Pierre Mossoux me confirme ma participation.

Commence alors progressivement un processus d’intériorité et d’écriture sur l’exploration de mes plaisirs.
Je note mes priorités :
– Plaisir de respirer
  . inspirer … expirer
  . prendre conscience de mon souffle
– Plaisir d’être en contact avec la nature
    . « shinrin-yoku » : immersion dans la nature
    . vitamine V comme vert (référence Christophe André)
 – Plaisir du silence
  . le silence a le goût du bonheur
  . être seul,  errance solitaire
  . recherche de calme
– Plaisir du mouvement
  . marcher lentement, pédaler, nager
– Plaisir d’observer
  . de regarder
  . d’écouter avec les yeux (handicap : malentendant)
– Plaisir de rêver
  . d’être ailleurs
  . de s’évader
  . de découvrir (voyages)
– Plaisir de lire
– Plaisir de toucher  
– Plaisir de rire

Bertrand Carrière demande aux participants d’apporter un livre de photographie qui nous influence et une série de nos images.
Pour amorcer les discussions et les échanges en début de stage, je montre « D’après nature » de Jean Gaumy. C’est un livre qui m’inspire, avec lequel je me sens en accord.
En septembre 2014, j’ai eu un coup de foudre pour son exposition « La tentation du paysage » à l’abbaye de Jumièges (Normandie, France)
Je présente aussi la série intitulée « Paysages à construire »  réalisée en  juillet 2012 à Libramont (AKDT).

Extraits de mon carnet de stage :
« Goesnes. Samedi 25 juillet après-midi.
Qu’est-ce que je souhaite faire ici et maintenant ?
Marcher lentement dans la nature, le paysage, pour me mettre dans un état mental, une atmosphère propice à l’intériorité, à la solitude. »

Un mois après le stage, en relisant cette dernière phrase de mon carnet, je constate que j’étais aussi sous l’emprise d’un autre livre qui traîne dans mon salon « Gao Xingjian. Le goût de l’encre ».
Michel Draguet décrit très bien cet état recherché.
« Le chemin vers Lingshan passe par l’intérieur. Pour atteindre cet état d’attente diffuse propre à la contemplation, il faudra d’abord s’extraire du réel. […] La marche génère sa propre vérité. […] Par la marche, l’homme rendu à la nature s’enfonce en lui-même. […] Reclus dans sa solitude, le marcheur renoue avec la réalité nue.  […] Abîmé dans sa marche, l’homme se métamorphose. […] Par ce biais, la marche détermine ce que deviendra, à la surface du papier, le mouvement de la main: un accès progressif à la conscience dans l’infini des possibles. »

Pendant tout le stage résidentiel de photographie en Condroz, j’ai tenté d’appliquer « cette recherche de Lingshan »
La marche fixe la méthode : errance du regard, construction de soi dans l’évidence d’un pied devant l’autre.
Partir seul, écrire ou photographier fait partie du même processus, celui de regarder en soi, de s’écouter. « Ne plus penser avec ma tête mais avec mon corps » transforme la marche en principe méditatif
D’une certaine manière, la marche détermine ce qu’ adviendra l’image photographique. L’image reflète un état d’esprit. Tout paysage devient alors portrait intérieur.

« Photographiant le monde, on y projette toujours une image de soi et dans une certaine mesure on le transforme en image mentale, psychique, en représentation subjective. […]
Condamné à être soi-même, bien sûr il arrive qu’on emmène avec soi ses sentiers, ses ornières, ses fantômes et ses manies. […] » Emmanuel d’Autreppe.
Extrait de « BRUXELLES à l’infini. Photographes en Résidence. Collection CONTRETYPE. 2014.

Dans la mesure du possible, j’ai essayé aussi de tenir compte de cette citation de Jean Gaumy :  » Ne photographier que lorsque cela brûle. Ne pas bouger, se refuser tant qu’il n’y a aucune évidence, aucune nécessité. »

La série « Rota Romantica » est née lors :
– d’un travail de sélection journalier (5 jours), effectué en plusieurs étapes ;
– des tirages de lecture (format 10 x 15);
– de mon propre ressenti;
– des avis et des interventions de Bertrand Carrière, photographe et formateur.

Le choix du titre ne me contente pas : cela montre bien la limite des mots.
« Silence therapy » est plus juste, en résonance avec mon expérience du moment.
J’ai laissé dormir cette sélection pendant 1 mois.
Ce temps m’a donné le recul nécessaire pour faire un nouvel éditing et construire une autre histoire proche, une série complémentaire intitulée « En Condroz ».

Je rejoins totalement Justine Montagner qui dans un email m’écrit : « Je planais toujours sur la magnifique énergie de cette semaine de résidence.  … Quelle belle semaine nous avons partagé. »

Merci à Bertrand Carrière.
Merci aux participantes (s) : Bénédicte Thomas, Farid Djemmal, Justine Montagner, Laurence Biron, Laurent Graindorge et Liliane Mazy.
Merci à Geneviève Culot et à son mari Fernand pour leur accueil.
Merci aux organisateurs des 7èmes Promenades photographiques en Condroz.

Longue vie à la biennale de photographie en Condroz et au Centre Culturel de Marchin !


M a n u – q u i – a i m e – f a i r e – d u r e r – l e – p l a i s i r

Carré Blanc, un évènement autour de l’ancienne sucrerie de Genappe

Le 21 février 2012, je recevais le mail suivant : « Je travaille au Centre culturel de Genappe où nous entamons actuellement un grand travail de mémoire et de valorisation de l’ancienne sucrerie de Genappe.
En parcourant les pages Internet, je suis arrivée sur l’album photos que vous avez réalisé  il y a quelques années dans le cadre d’un stage photo et le trouve particulièrement réussi!
Nous sommes, pour le moment, en recherche permanente de tout ce qui touche à cet ancien site industriel : témoignages, archives, documents, photographies… La finalité de ce projet n’est pas encore tout à fait déterminée mais l’idée est de monter une exposition, de réaliser un court-métrage audiovisuel et  d’éditer une publication.
Aussi, j’aurais voulu savoir si vous seriez d’accord que vos photographies puissent être utilisées dans ces contextes, mais aussi dans la communication faite autour du projet : sur notre site Internet, dans les articles à paraître dans la presse, etc. Autant vous dire d’emblée que nous n’avons malheureusement pas de moyens financiers à vous rétribuer.
Je reste bien entendu à votre disposition pour tout complément  d’informations en espérant que ce projet suscitera votre intérêt.
Cordialement,
Valérie Vanden Hove
Centre culturel de Genappe »

Carré Blanc
La sucrerie de Genappe, un patrimoine industriel en mouvement !

La sucrerie a rythmé pendant plus de 125 ans la vie économique et sociale de Genappe et ses environs. Aujourd’hui encore, ce patrimoine industriel revêt un caractère historique et affectif majeur pour la population.

Acteurs culturels, artistes et habitants posent leurs regards sur ce qui fait la richesse de cet espace en devenir. De ces échanges sont nés des expositions, films, créations sonores portant sur le vécu d’anciens travailleurs, sur les lieux et les activités témoignant du passé et des années de transition décisives pour la cité. Carré Blanc vous invite à les découvrir.

Les bassins de décantation abritant à présent une faune et une flore remarquables, c’est au coeur d’une réserve naturelle que vous pouvez pénétrer.

16 > 25 novembre 2012
A la ferme de Gémioncourt
A 800 m au sud du lieu-dit « Quatre Bras »
1470 BAISY-THY

Sources: Centre Culturel de Genappe et le Centre Culturel du Brabant Wallon

Quelques considérations sur la photographie

Longtemps, la photographie s’est jouée sur l’image unique. Choix de la lumière, réactivité face à l’action, capacité d’organiser le réel dans son cadre ou de le mettre en scène. Le “bon” photographe était celui qui faisait tout cela un peu mieux que les autres, un peu plus rapidement.

Aujourd’hui, ces critères sont obsolètes. Pour au moins deux types de raison. D’un côté, la photo a quitté son nid douillet et singulier pour aller se frotter aux autres arts plastiques. Du coup, les photos ne sont plus analysées avec un langage photographique mais avec un vocabulaire “artistique” commun à toutes les pratiques actuelles.
En parallèle, l’arrivée d’appareils ultra-performants , aux séquences rafales impressionnantes, capables de mesurer la lumière sur plus de 1 000 zones ont démocratisé la prise de vue. Désormais, plus besoin d’être un tireur d’élite ou un Lucky Luke du déclencheur pour faire mouche. Et si des détails formels sont mal gérés à la prise de vue, le Dieu Photoshop est là pour remettre notre photo dans son droit chemin. Le bon photographe n’a plus besoin d’être un artisan habile. D’où logiquement la primauté du discours sur la pratique: puisque la différence ne se fait plus à l’œil, ni au doigt, c’est le cerveau qui va départager les artistes photographes.

Qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, ce recours à l’intellect semble irréversible. Et il donne à la photographie ses lettres de noblesse. L’image photographique devient cette matière première que l’on va malaxer, tel un sculpteur, pour obtenir soit un tirage, soit un livre.
La “bonne” photo va peut-être naître là. Dans un “bon projet de prise de vue”, elle va dépasser son statut illustratif et prendre son envol dans la cohérence d’une présentation finale. Cette dernière étape est devenue tout autant essentielle que celle de la prise de vue. Car, face à la prolifération des images enregistrées, vues, diffusées, nous avons tous usé notre capacité d’émerveillement. Il faut donc nous proposer les “bonnes images » dans une logique de présentation, réfléchie pour parachever son travail. Ce sera un bon tirage en petit format dans un cadre précieux eux ou au contraire une épreuve géante contrecollée sous caisson américain dans une exposition. Ce sera une image publiée dans un livre suivant une maquette précise, une qualité d’impression choisie et un format étudié. Chaque photo existera dans le flux de la narration en tenant compte de l’image précédente et de celle qui suit. Qu’on se le dise, la bonne photo contemporaine n’existe plus en tant que telle, hors de sa stratégie de présentation.

Tout photographe est un « iceberg »: seule une infime partie de son travail émerge et peut être appréciée ou non par les spectateurs. D’où l’importance du choix: il ne sert à rien d’être un « bon » photographe si ensuite on ne sait pas choisir ses meilleures photos. Ce choix doit être effectué par l’auteur, non pas pour plaire mais pour « exister » et dévoiler sa personnalité. L’éventuel écart d’appréciation entre les choix d’un auteur et ceux des spectateurs déterminera la reconnaissance d’un style et établira une hiérarchie entre des œuvres comprises, reconnues, célébrées et d’autres oubliées, négligées et incomprises. Parfois à tort, parfois à juste titre …

Aucune certitude n’existe dans ce genre d’approche esthétique et les questions posées sont souvent plus pertinentes que les éventuelles réponses. Pour ma part, je n’ai qu’une certitude: les « bonnes » photos naissent dans les hasards flous de la création personnelle et non pas dans la recherche effrénée de la performance technique ou esthétique …

Extraits de « Qu’est-ce qu’une bonne photo ? », édito de Jean-Christophe Béchet, rédacteur en chef du magazine « Réponses Photos ».
Hors série n°13. Automne / Hiver 2011.